Ce cher Monsieur Bonplan a tout intérêt à bien connaître les pays dans lesquels il voyage s’il veut être libre de partager sur la toile ce qu’il veut à ses lecteurs et lectrices. Il ne serait pas le premier à se retrouver dans les tréfonds d’une prison pour des propos mécontentant le pouvoir d’un pays. Bien que la liberté d’expression soit un droit de l’homme, plusieurs gouvernements ne voient pas l’importance de le respecter. Nombreux sont les exemples de blogueurs habitant l’Iran ou autres contrées muselées de ce monde, qui se sont faits emprisonner et torturer. Bien que le Web 2.0 ait permis des petits pas en direction de la démocratie, les conséquences restent encore souvent malheureuses.
Je suis LaPrudenceEstDeMise. J'avoue être de nature méfiante et moins téméraire que l'Iranienne de l'image ci-dessus. Ainsi, je tiens à ce que mes connaissances servent aux utilisateurs non avertis du Web 2.0 comme Monsieur Bonplan. Notre compagnon est exposé à un certain nombre de risques liés au fait que nos utilisations du Web 2.0 sont exposées, vues et regardées.
Le Web 2.0 est un moyen facilitant le quotidien de chacun et le développement de certaines professions à l'image de l'animation socioculturelle. Comme tout outil, il faut se prémunir d'un certain savoir et d'un « mode d'emploi » pour éviter qu'il ne devienne source de complications.
L'absence de capacité d'oubli
Afin de se protéger, l'une des prises de conscience nécessaires est que, la mémoire d'Internet est très fiable. Nous pourrions croire, en observant la bêtise de notre ordinateur qui bug sans cesse (mon expérience personnelle est marquée par le devoir de sauvegarder sur clé USB, disque dur interne, externe et Cie), que tout se perd, essentiellement les documents importants.
Afin de se protéger, l'une des prises de conscience nécessaires est que, la mémoire d'Internet est très fiable. Nous pourrions croire, en observant la bêtise de notre ordinateur qui bug sans cesse (mon expérience personnelle est marquée par le devoir de sauvegarder sur clé USB, disque dur interne, externe et Cie), que tout se perd, essentiellement les documents importants.
Pourtant ce qui est déposé sur le Web reste dans les bases de données. Par exemple, nos textes rédigés sur un coup de tête un soir où l'alcool nous a rendu créatif, poétique et révolutionnaire, les splendides photos publiées par notre meilleur ami qui trouve le furoncle sur notre nez très amusant ou même les vidéos intimes réalisées avec l'amoureux de l'époque qui a peu apprécié que sa chère et tendre le quitte et tombe dans les bras du facteur.
Quelques mots clés suffisent pour faire réapparaître ce que nous croyions être tombé dans l'oubli depuis belle lurette.
Vous êtes-vous déjà trouvé dans des situations embarrassantes que vous préféreriez oublier rapidement?
Des conséquences hors-contrôle
Vous êtes-vous déjà trouvé dans des situations embarrassantes que vous préféreriez oublier rapidement?
Des conséquences hors-contrôle
Ainsi, la magie des moteurs de recherche type Google permet à des milliers d'utilisateurs d'atterrir sur les pages qui nous concernent. Un petit moment de notoriété est accordé à chacun dans une société où la solitude semble s'accroître. Toutefois, l'affichage d'extraits personnels sur le Web peut devenir un véritable cauchemar.
Par exemple, plusieurs individus ont été lynchés virtuellement suite à la publication de documents ne les présentant pas dans des dispositions favorables à leur image. Rapidement des individus ont largement diffusé ces vidéos sans forcément mesurer l'ampleur des conséquences du buzz qu'ils avaient créé. Les victimes concernées sont tombées en dépression, leur image a été fortement détériorée et leur avenir compromis.
Un business a été développé autour de cette problématique. Aux Etats-Unis, il est possible de mandater des personnes chargées d'effacer au mieux votre passé numérique. Toutefois, ils sont confrontés à certaines limites et ne peuvent pas toujours évincer le fait que des éléments nous concernant, apparaissent encore et toujours via les moteurs de recherches. Le droit reste très incomplet sur le sujet.
Pourquoi « Zieuter » les internautes?
Un business a été développé autour de cette problématique. Aux Etats-Unis, il est possible de mandater des personnes chargées d'effacer au mieux votre passé numérique. Toutefois, ils sont confrontés à certaines limites et ne peuvent pas toujours évincer le fait que des éléments nous concernant, apparaissent encore et toujours via les moteurs de recherches. Le droit reste très incomplet sur le sujet.
Pourquoi « Zieuter » les internautes?
Des informations personnelles précieuses au fonctionnement de l'économie
De manière impressionnante, notre identité est approchée de très près. En effet, il semble que nous éprouvons un certain plaisir à nous exposer. Nous pouvons le constater par la croissance sur le Web des profils personnels. De plus, nous troquons un peu de notre vie privée en échange de services. Par exemple, dans le cadre d'une recherche via Google, nous informons le moteur de recherche du besoin que nous avons. Il l'enregistre dans une base de données et nous trouve les pages qui nous intéressent. Ces bases de données dévoilent les interactions entre les individus et l'Internet. Ainsi sont retracées nos envies, nos attentes, nos besoins, nos difficultés.
« Autrement dit, si l'usager positionné sous les feux de la rampe peut avoir l'illusion de connaître son « quart d'heure de gloire » il ressemble bien plutôt à l'insecte placé sous la lentille du microscope. » (Tillinac, 2006, p. 22)
L'économie est focalisée sur les consommateurs qui leurs fournissent de précieuses informations. Les fabricants de matériel peuvent alors cibler les besoins et orienter la publicité, les fabricants de logiciel (comme Microsoft) obtiennent des informations qui leurs permettent d'adapter leurs services et les détenteurs des bases de données amassent une richesse exponentielle d'informations nous concernant.
http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-service-cest-que-vous-etes-le-produit/
http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-service-cest-que-vous-etes-le-produit/
Le Web 2.0 au service des employeurs
A l'heure actuelle, un nombre important de personnes se trouvent en situation de chômage ou en quête d'un apprentissage. Les employeurs font face à une grande quantité de demandes d'emploi et pratiquent donc une sélection des demandeurs. En quelques secondes, les moteurs de recherches d'Internet leur permettent de découvrir des informations personnelles concernant les intéressés. Pour illustrer cela par un exemple, suivant le profil de votre employeur, le parti politique que vous affichez sur le Web peut jouer en votre faveur ou en votre défaveur au détriment de vos capacités. La visibilité des écarts de « bonne conduite » dont nous ne sommes pas à l'abri peuvent également jouer un rôle décisif sur le choix final des demandeurs d'emplois.
Par ailleurs, il n'est pas rare que les supérieurs utilisent le Web 2.0 comme outil de surveillance des conduites personnelles ou professionnelles de leurs employés. Plusieurs personnes témoignent de l'impact de ce phénomène sur leur vie. Ce type de prétextes de licenciements prend une ampleur considérable depuis le développement du Web 2.0.
Pensez-vous que c'est une forme d'abus de la part des entreprises?
"Désinformons-nous" nous?
Rapide et pratique, nous bénéficions du Web 2.0 dans le cadre des études, de notre développement culturel et politique. Par ailleurs, il répond par exemple en quelques clics aux questions que nous nous posons sur notre santé ou sur ce que nous pourrions concocter comme repas pour les amis qui débarquent à l'improviste.
La démocratisation de l'information est un pas en avant très positif selon moi. Toutefois, il est important de rester critique face à nos découvertes. Le développement extraordinaire du Web 2.0 a fait apparaître des problématiques affectant les informations trouvées sur la toile. Dans son étude, Eric Sutter (Sutter 1998) distingue 4 types de ce qu'il nomme : L'infopollution.
1. La surabondance. L'accroissement de la quantité d'informations est lié au fait qu'il est à la portée de tout le monde de publier, notamment de part l'arrivée de la Blogosphère. Ainsi, nous nous perdons dans la multitude et, la distinction entre l'information de qualité de celle qui est médiocre ou erronée, devient complexe.
2. La désinformation. Les moteurs de recherches utilisés par les étudiants n'ont pas les mêmes critères de qualité de l'information que ceux réalisés par les documentalistes qui établissent une sélection de l'information. Cela conduit à des échecs de recherche ou des erreurs.
3. La contamination. Il est dorénavant aisé pour les Internautes de s'immiscer dans les bases de données des documents numériques et de modifier l'information. Parmi de très bons documents se trouvent ainsi de l'information douteuse et les interventions, sous forme de commentaires par exemple, perdent le lecteur. Wikipédia est un exemple connu illustrant ce problème.
4. Les abus publicitaires. Les usagers d'Internet sont confrontés à l'intrusion de la publicité dans leurs recherches. Il est difficile ensuite de distinguer ce qui est vrai de ce qui est de l'ordre du marketing.
La culture de l'information se trouve donc face à de nouveaux défis depuis que le Web 2.0 s'en mêle: informer sur comment s'informer.
Travailleur social est-il concerné?
1. La surabondance. L'accroissement de la quantité d'informations est lié au fait qu'il est à la portée de tout le monde de publier, notamment de part l'arrivée de la Blogosphère. Ainsi, nous nous perdons dans la multitude et, la distinction entre l'information de qualité de celle qui est médiocre ou erronée, devient complexe.
2. La désinformation. Les moteurs de recherches utilisés par les étudiants n'ont pas les mêmes critères de qualité de l'information que ceux réalisés par les documentalistes qui établissent une sélection de l'information. Cela conduit à des échecs de recherche ou des erreurs.
3. La contamination. Il est dorénavant aisé pour les Internautes de s'immiscer dans les bases de données des documents numériques et de modifier l'information. Parmi de très bons documents se trouvent ainsi de l'information douteuse et les interventions, sous forme de commentaires par exemple, perdent le lecteur. Wikipédia est un exemple connu illustrant ce problème.
4. Les abus publicitaires. Les usagers d'Internet sont confrontés à l'intrusion de la publicité dans leurs recherches. Il est difficile ensuite de distinguer ce qui est vrai de ce qui est de l'ordre du marketing.
La culture de l'information se trouve donc face à de nouveaux défis depuis que le Web 2.0 s'en mêle: informer sur comment s'informer.
Travailleur social est-il concerné?
Le travailleur social n'est bien sûr pas à l'abris de ces dangers et a, comme tout utilisateur, la responsabilité de connaître l'outil du Web 2.0 dans sa globalité. Face au public qu'il rencontre, il important qu'il reste crédible par rapport à l'image qu'il véhicule. Par ailleurs, je pense que si nous incitons notre public à interagir sur le Web, nous avons un devoir de prévention des risques. Pour terminer, les écrans qui rendent « accro » sont bien connus. Je pense que cette dépendance doit faire l'objet de préoccupation pour le travailleur social. Il doit ainsi continuer à valoriser le lien direct entre les individus.
Sources des images
Sources des images
Photo 1 : http://blikk.wordpress.com/2010/03/16/
image: http://www.galeriecollin.com/images_catalogue/normal/walthery-panneau-attention-plv.jpg
Photo 2 : montage personnel
Sources citations
Le Deuff, Olivier. CULTURE DE L’INFORMATION ET WEB 2.0 Quelles formations pour les jeunes générations ? 2007.
Tillinac, Jean. Le web 2.0 ou l'avènement du client ouvrier. In: Quaderni. N.60, Printemps 2006. pp. 19-24.
Tillinac, Jean. Le web 2.0 ou l'avènement du client ouvrier. In: Quaderni. N.60, Printemps 2006. pp. 19-24.



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